Brabant en Argonne pendant la Guerre 1939/1945

Rappelons que suite à l'invasion de la Pologne par les troupes Allemandes, un ultimatum franco-britanique a été envoyé au 3 ème reich. Comme il est resté sans réponse, la mobilisation générale est décrétée le 2 septembre 1939 et la déclaration de guerre eut lieu le 3 septembre 1939, à 11 h par la Grande Bretagne, à 17h par la France.
Mais la France s'enferme jusqu'en mai 1940 dans une stratégie d'attente, espérant qu'elle échappera au conflit.
Le 13 mai 1940 c'est l'invasion de la France par les troupes allemandes.
Le 14 mai 1940, les Allemands sont à Paris.
L'exode: A Brabant l'ordre d'évacuer est donnée. C'est l'exode. Les habitants quittent leur foyer par familles entières. L'évacuation se fait dans la nuit du 12 juin au 13 juin 1940. Les affaires de première nécéssité sont chargées dans des charrettes tirées par des chevaux. Les chariots prennent la route. Le trajet n'est pas sans risque. Les Allemands mitraillent les convois. Ce qui oblige les exilés à se coucher dans les talus en attendant que le danger soit écarté.
Monique Blaise qui avait 5 ans au moment des faîts se rappelle très bien et raconte. "Nous sommes partis toute la famille sur la route. Les avions Allemands nous mitraillaient souvent. Papa par crainte, nous jetait littéralement dans les fossés lorsqu'il entendait arriver un avion. On avait très peur."
Les 12 et 13 juin 1940 : les dernières heures avant l'évacuation
Le témoignage de Robert Marcus, canonnier au 109ᵉ Régiment d'Artillerie Lourde, constitue un document exceptionnel pour l'histoire de Brabant-en-Argonne. Rédigé dès le mois d'août 1940 alors qu'il est prisonnier de guerre, son récit décrit avec précision les dernières heures vécues par le village avant l'arrivée des troupes allemandes.
Le 12 juin 1940, sa batterie est installée dans les bois situés au nord de Parois. Les artilleurs poursuivent leurs tirs vers les positions allemandes tandis que, dans le village, les habitants savent déjà que l'évacuation est imminente.
Robert Marcus écrit :
« On reste là cette journée du 12. Le toubib retourne à Brabant et achète des bouteilles de vin aux paysans qui vont abandonner leurs maisons. On tire sur les carrefours de Charpentry, sur Apremont, Eclisfontaine, Varennes-en-Argonne. On ne sait rien d'autre que l'ennemi s'y trouve. »
Cette scène, d'une grande simplicité, est particulièrement émouvante. Les habitants vendent ce qu'ils ne pourront emporter, tandis que les soldats français continuent le combat. Quelques heures plus tard, dans la nuit du 12 au 13 juin 1940, les familles de Brabant-en-Argonne quittent définitivement leurs maisons pour prendre le chemin de l'exode.
Le lendemain matin, Robert Marcus repasse par le village et découvre une situation totalement différente :
« Je repasse par Parois, Brabant-en-Argonne qui a été évacué au cours de la nuit précédente. Je tombe sur un embouteillage formidable, provoqué par une colonne de camions qui descend sur le village de Brabant déjà encombré par des autos qui stationnent à droite et à gauche de la route. En outre, une côte ralentit le mouvement des voitures qui sont déjà chassées. Le petit jour arrive sans qu'on ait passé Brocourt. Il faut plus de 6 h pour faire 3 kilomètres. »
Ce témoignage illustre parfaitement le chaos de la retraite française. Les routes sont saturées par les colonnes militaires, les véhicules de toutes sortes et les derniers convois qui se replient vers le sud. La montée entre Brabant-en-Argonne et Brocourt transforme la circulation en un gigantesque embouteillage. Plus de six heures sont nécessaires pour parcourir seulement trois kilomètres.
Ce récit permet de situer avec une remarquable précision les événements vécus par le village :
12 juin 1940 : les habitants préparent leur départ tandis que l'artillerie française est encore en position autour de Brabant.
Nuit du 12 au 13 juin : évacuation de la population.
13 juin au matin : le village est désormais désert, mais les routes sont totalement encombrées par les unités françaises en retraite.
Ces quelques lignes de Robert Marcus constituent aujourd'hui l'un des témoignages les plus précieux connus sur les dernières heures de Brabant-en-Argonne avant son occupation par les troupes allemandes.
Robert Marcus avec l'écharpe, en hiver 1939 (photo trouvée sur genami.org)
Suite à l'évacuation de Brabant, des animaux (bovins) errent dans les champs et commettent des dégats assez importants aux cultures de blé et d'avoine.
Automne 1940
Pour compenser les recettes de la commune, le préfet demande un blocage de 540 quintaux d'avoine et 80 quintaux de foin au profit de la commune ;
Le conseil après délibération, compte tenu des dégats provoqués par les animaux errants et à la faible récolte due aux pluies abondantes de juillet décide de réduire considérablement cette quantité, sachant que les récoltes ne sont que de 400 quintaux pour cette année 1940 et qu'il convient de garder 140 quintaux pour la nourriture des bêtes et 50 quintaux pour les semailles.
Le 18 juin 1940: Les Allemands sont sur la Loire
Le 21 juin 1940: à Clermont Ferrand
Le 22 juin 1940: L'armistice est signée par le Maréchal Pétain.
C'est l'occupation Allemande. Les réfugiés rentrent au village. Il va falloir dans la crainte, cohabiter avec l'envahisseur.

Signature de l'armistice 22 juin 1940 (wikipédia)
La vie est dure: Les Allemands réquisitionnent la nourriture (cochons, volailles, oeufs, etc..) Environ moitié de la production.
Monique Blaise raconte:" On était obligé de cacher la nourriture au dessus des armoires ou à d'autres endroits: (Farine, sucre,vin ect...), car les Allemands passaient dans les maisons régulièrement".
10 juin 1942: Le conseil municipal de Brabant par délibération décide d'adhérer à la "Croix Rouge" pour la somme de 200 francs.
Exemples de réquisitions en 1944 au profit de la commune :(Quintaux d'avoine, requisitions de matériel ou travaux d'intéret général).
Arnould Charles: 2 q d'avoine Feltz Paul: 8 q 1/2 Jourdain Victor: 6 q Minoflet Roger: 20 q Tourette André: 24 q
Bertrand Alexandre: 20 q Ferquel André: 36 q Martin René: 32 q Palanson Gabriel: 34 q Willaume Paulin: 2 q
Bertrand Modeste: 28 q François Léon: 56 q1/2 Minoflet Lucien: 2 q Perin Gabriel: 36 q
Blaise Emeril: 24 q Reichard Alois:30 q Rouyer Marius: 44 q Saunier Robert: 13 q
Sanchis Michel,Lepetitcollin Raymond,Spengler Emile :Travaux d'intéret général (Exécutions de trous abrits)
Le 13 juillet 1944: Un fait non élucidé se passe à Brabant. Des grenades sont jetées contre l'habitation de Mr Charles Traxler. Est-ce en rapport avec le groupe de résistants qui discrétement adhère au fameux réseau "Alliance" De Madeleine Fourcade avec Marius Jacquemin, André Tourette alias"Chevrotine"et Marc Marchand de Récicourt (Futur Conseiller Général de Clermont de 1947 à 1958.)
Marie Madeleine Fourcade,
responsable pendant la 2è guerre mondiale d'un des plus importants réseaux de résistance (Alliance) ayant agi pour les Britaniques
(http://les-sanglots-longs-des-violons)
Le 29 juillet 1944: Mme Denise Bertrand qui c'est rendue à Clermont afin d'envoyer un colis à son fils prisonnier de guerre, rentre en fin d'après midi à Brabant et dit: "Je viens de voir les maquisards tuer un Allemand à Clermont. Je l'ai vu tomber du camion. J'ai vu Mr Bonnet courrir relever le soldat. Je suis rentré par Auzéville pour prévenir mes parents et j'ai évité la RN3"
Le 30 juillet 1944: Des représailles disproporsionnées d'une ampleur conséquente ont lieu à Clermont 112 personnes sont arrêtées par les Allemands et 100 d'entre elles sont déportées
Le 9 aout 1944: Suite à la réunion des Maires du canton le conseil municipal de Brabant vote une subvention de 1000 francs en faveur des infortunés Clermontois internés.